CHAPITRE 2

En huis-clos, un individu erre seul dans un espace monochrome brun évoquant aussi bien l’enfermement d’une boîte en carton que le vide des espaces immenses d’un désert. Nous nous demandons comment ramener en studio la sensation de contemplation que nous pouvons éprouver face à un paysage ?
A partir d’une longue déambulation dans la ville de Marseille, nous nous sommes concentrés sur des façades anciennes d’immeuble, maintenues par des prothèses en métal, isolant des espaces dans le paysage urbain, comme un décor de théâtre. Les poutres IPN en acier, entre autres, apparaissent à nos yeux comme une structure osseuse exogène placée ici pour maintenir les parois de bâtiments évidés. Les façades d’immeuble nous apparaissent telle une surface, comme un masque, comme une peau.

La vidéo aborde l’esthétique de l’effritement et de la dépouille. Elle met en relief les observations de la ville en mutation ramenées sur un plateau de danse. Celui-ci, aux couleurs dominantes de brun nous conduit, après plusieurs séances d’improvisation à continuer nos recherches sur le monochrome. Le film d’une quinzaine de minutes questionne le spectateur sur ce qu’il regarde. Assiste-t-on à l’avènement d’une forme ou à sa décomposition ?

Richie demeure seul, il se cache de la tempête et se bat contre les courants d’air. Il enchaîne les activités absurdes. Son corps emballé s’expose comme une surface fragile. Il fait jaillir les images. L’ennui de la solitude devient le terrain fertile à l’apparition du merveilleux.

Trailer de l’installation vidéo

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©Emma Charrin & Olivier Muller